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Vivre et célébrer

Homélie Christ Roi, 24 Novembre 2013

Publié le 26/11/2013

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous fêtons le Christ Roi et les images se mêlent dans nos têtes. Le roi, la noblesse, la monarchie… et la révolution, les têtes qui tombent ! Assurément, Jésus n’est pas ce type de roi, mais un roi humble, dont le Royaume n’est pas de ce monde… Un drôle de roi en somme et on comprend les interrogations des soldats au pied de la croix : «  Si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même ! ». Dans leur tête comme dans la nôtre le roi possède du pouvoir ; il devrait faire usage de la force pour se tirer d’une situation délicate. Mais le roi Jésus n’oppose pas de violence à la violence ! Il a demandé à Pierre de ranger son épée dans son fourreau. C’est un roi désarmé, un roi serviteur qui s’est abaissé jusqu’à l’humiliation de la croix.

Et pourtant, il n’a cessé d’annoncer le Royaume de Dieu tout proche. De ce royaume, il n’en a pas défini les frontières, la langue ou la monnaie. Il a même mis en garde contre ceux qui prétendent qu’il est ici ou là-bas.  Il l’a illustré par des paraboles, comme si ce Royaume était d’abord une expérience, un mode de vie qu’il incarnait dans sa personne, un règne de bonté et de miséricorde, un royaume où les petits et les pauvres sont à la première place, un royaume où on retrouve, le bon larron, les publicains et les prostituées, tous ceux que l’on attendait pas, les sans grade, les sans titre. En effet, le roi serviteur est aussi pasteur, un pasteur qui rassemble et qui prend soin de la brebis perdue. Il s’inscrit dans la lignée de David, le roi-pasteur qu’Israël s’était choisi autrefois après la mort de Saül. Vous savez qu’Israël avait obtenu ce roi de Samuel que le Seigneur avait encouragé à satisfaire la demande insistance du peuple, malgré la grande réticence du prophète qui savait bien que le vrai roi, c’est Dieu, un Dieu qui a fait alliance avec tout le peuple saint.

Ce passé d’Israël nous aide à comprendre ce que signifie le titre de roi pour le Christ. Le Christ est roi pour que tout le peuple que nous formons soit un peuple de rois, un peuple d’hommes et de femmes à l’écoute du Seigneur, qui exerce ses responsabilités dans le sens de la justice et du projet de Dieu. Si Jésus manifeste le règne de Dieu tout proche, s’il l’incarne par toute son existence, par sa mort et sa résurrection, c’est pour que nous-mêmes nous soyons des hommes et des femmes de l’alliance qui inscrivent la volonté de Dieu dans la complexité de l’histoire humaine, au fil des décisions et des initiatives qui gouvernent nos vies et le monde. Le Christ Roi remet tout entre les mains du Père. Or, il est la tête du corps que constitue l’Eglise. Par le baptême, nous avons part à sa Royauté. Dans l’eucharistie, nous nous recevons de lui et nous grandissons dans la capacité à aimer comme lui, à servir comme lui, à permettre l’avènement du Royaume de Dieu.

« N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous avec ! » crie le malfaiteur crucifié à ses côtés, comme si le salut se limitait à la sauvegarde des intérêts personnels ! Leur propos ressemble étrangement à ceux du tentateur au début de la mission de Jésus ! Le salut que nous offre le Christ, c’est celui-là même dont il ne cesse de bénéficier lui-même et qui éclatera en toute lumière au matin de Pâques, dans sa résurrection. Ce salut, c’est l’amour de Dieu offert, disponible. Ce salut, c’est l’alliance nouvelle et éternelle du sang versé, la Royauté nouvelle qu’inaugure le Messie-Roi-Pasteur qui rassemble l’humanité dans la communion avec son Père. Ce salut, c’est l’accomplissement de la promesse de Dieu.

Si le Christ est roi, c’est pour que toute l’humanité connaisse la joie du Royaume de Dieu, c’est pour que vienne le Royaume des temps nouveaux comme le chantait l’antienne de l’Evangile, tirée de l’Evangile selon saint  Marc (11,10).

Alors, comme le demandait Saint Paul aux Corinthiens, nous pouvons « rendre grâce à Dieu le Père qui nous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint (…) d’entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé ». Voilà le motif de notre joie, la joie des pèlerins de l’espérance qui aiment chanter le psaume des montées : « Quelle joie quand on m’a dit, nous irons à la maison du Seigneur. Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem (…) ville où tout ensemble ne fait qu’un », ville vers laquelle convergent toutes les tribus et les peuples de la terre, cité de paix, cité de Dieu dont nous voyons se dessiner les contours en ce monde.

Père Bruno CAZIN, président-recteur délégué de l’Université Catholique de Lille

 

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