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Homélie du 2ème dimanche de Pâques – dimanche de la divine miséricorde.

Publié le 09/04/2013

... le soir de Pâques, en l’absence de Thomas puis une semaine plus tard
en présence de l’apôtre qui doute, ce Jumeau Thomas en qui chacun de nous peut se reconnaître, un
homme, invité à la foi en Celui qui est passé par la mort de la croix avant d’entrer dans la gloire de
son Père et d’être le Vivant à jamais, comme il se nomme lui‐même dans sa manifestation au Saint
Jean de l’Apocalypse.
Marqués par la culture scientifique, nous nous sentons à l’aise avec cette exigence de preuves… et
avec Thomas, nous sommes rassurés de pouvoir vérifier que celui qui est là présent au milieu de
nous est bien celui qui a été crucifié sur le Golgotha. Encore que, observez bien. Thomas reconnaît
son Seigneur et son Dieu avant même d’avoir touché celui qui lui parle et l’invite à la foi. « Parce que
tu m’as vu, tu crois, heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » lui dit Jésus, alors même que Saint Jean
introduit son Evangile en proclamant : « ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons
entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu, ce que nos mains ont
touché, c’est le Verbe, la Parole de Vie ! » (1Jn1,1). Vous le comprenez aisément, Dieu s’est
manifesté en Jésus Christ, et c’est à Pâques que tout s’éclaire. Celui qui a aimé les siens jusqu’au
bout, celui qui s’est abaissé au point de mourir sur la croix comme un esclave, Dieu l’a ressuscité.
C’est bien lui qui est là, vivant au milieu des apôtres, qu’il appelle à vivre et à témoigner de lui en leur
donnant l’Esprit Saint pour la rémission des péchés. Le cri de reconnaissance de Thomas n’est pas
seulement celui de l’identification de Jésus, mais l’intelligence de sa nature divine : « Mon Seigneur
et mon Dieu ». Tout s’éclaire pour lui : le quotidien de Jésus qui manifeste sa tendresse pour les
malades et les exclus, sa liberté étonnante puisée dans la prière auprès du Père, l’offrande qu’il fait
de sa vie, alors qu’il aurait pu faire valoir son bon droit et se défendre. La résurrection du Crucifié est
la clé qui permet de comprendre combien Dieu s’est révélé en Jésus Christ, combien la miséricorde
de Dieu ne cesse de se manifester tout au long du parcours terrestre de Jésus, dans la résurrection
elle‐même et dans l’activité missionnaire des apôtres, qui à leur tour conjuguent l’annonce de la
Bonne Nouvelle, des signes et des prodiges. Ce dont Thomas est témoin, c’est de la puissance de
l’amour de Dieu qui a ressuscité Jésus et qui aujourd’hui encore encourage, guérit, relève, suscite
ouverture et audace pour que le Règne de Dieu prenne corps dans la monde complexe où nous
vivons. Cette puissance de l’amour, c’est la puissance de l’Esprit Saint que Jésus souffle sur ses
apôtres. C’est ce même Esprit Saint que 1500 frères et soeurs recevront le lundi de Pentecôte lors des
fêtes du centenaire de notre diocèse. C’est ce même Esprit Saint que nous avons reçu au jour de
notre baptême et de notre confirmation, l’Esprit qui renouvelle sans cesse l’Eglise, suscite des
prophètes pour aujourd’hui et nous anime pour manifester la miséricorde de Dieu jour après jour
dans nos familles, nos lieux de travail ou d’engagement.
Si ce dimanche est le dimanche de la miséricorde divine, selon la volonté du pape Jean‐Paul II inspiré
par sa compatriote soeur Faustine, c’est pour mieux nous faire prendre conscience de l’immense
amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. C’est pour qu’à notre tour nous soyons miséricordieux
comme Dieu est miséricordieux, que nous y trouvions notre bonheur comme nous y invitent les
Béatitudes. La miséricorde n’est pas un attribut de Dieu mais sa nature même. Notre Dieu Trinité est
échange d’amour, don et accueil. C’est dans un même élan que Dieu nous crée à son image et nous
sauve dans le Christ. Sa miséricorde ne cesse de se manifester car il nous donne en partage son Esprit
d’amour pour que nous vivions de sa vie. Dans le Christ, il nous a réconciliés avec lui. Il a restauré en
nous son image défigurée par le péché. Nous qui étions loin, voilà que nous sommes devenus
proches, plus encore que nous appelés à vivre en communion avec lui et entre nous. La belle
aventure de la foi peut se lire entièrement sous l’angle de la miséricorde.
Quand Thomas reconnaît Jésus, non seulement il reconnaît que le ressuscité est bien celui qui a été
cloué sur le bois de la croix, mais il reconnaît en lui le Seigneur et le Dieu qui le sauve et qui sauve
l’humanité. Ainsi la foi n’est pas seulement la proclamation de Jésus Messie, Fils de Dieu mais bien
l’expérience d’une vie transformée, l’expérience du salut dont nous sommes heureux de témoigner à
la suite des apôtres comme nous y invite la finale de l’Evangile de ce dimanche, pour que nous ayons
la vie en son nom !
Père Bruno CAZIN, vicaire épiscopal, président‐recteur délégué de l’Université Catholique de Lille

 

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Tags: Pâques  
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