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Vivre et célébrer

Homélie du 4ème dimanche du temps ordinaire B, 29 Janvier 2012, St Pierre-St Paul, LILLE

Publié le 02/02/2012

Dt 18, 15-20, Ps 94, 1Cor7,32-35, Mc1,21-28

La sobriété de l’évangéliste Marc a de quoi nous déconcerter. Nous sommes au démarrage de la vie publique de Jésus, à son arrivée à Capharnaüm et voilà que Jésus se présente comme un maître, à l’autorité impressionnante, non seulement par la pertinence de son enseignement mais aussi par la puissance qu’il exerce contre les forces du mal. Jésus en impose. A l’opposé de celle des scribes, sa parole vise juste ! Plus encore, elle est d’une efficacité telle que les esprits mauvais se sentent condamnés ! La réputation de Jésus est faite, sa renommée peut se répandre dans toute la région de Galilée.

En quelques phrases bien ciselées, Marc va à l’essentiel. Il nous associe aux disciples et à la foule pour reconnaître l’autorité et la puissance de Jésus, vainqueur du mal. La question ne tarde pas : « Qu’est ce que cela veut dire ? » Qui peut exercer une telle autorité sinon quelqu’un qui est tout proche de Dieu, envoyé de Dieu plus encore, « le Saint, le Saint de Dieu. ». Non sans humour, Marc attribue la première profession de foi à un esprit mauvais, sommé de se taire, expulsé sans ménagement par Jésus.

Nous reconnaissons sans difficulté la foi pascale de l’Eglise qui déjà se profile : en Jésus, c’est la sainteté même de Dieu qui se manifeste, réduisant le mal à néant et ouvrant à une vie nouvelle. Les interprétations prudentes et mesurées des scribes sont dépassées par la fulgurance d’une parole efficace qui touche les cœurs et saisit les auditeurs par sa pertinence. L’interdiction d’opérer des guérisons le jour de sabbat est battue en brèche par l’autorité d’un maître auquel les esprits mauvais ne peuvent résister. Avec Jésus, c’est un monde nouveau qui est inauguré.

Frères et sœurs, nous confessons Jésus le Christ comme Parole vivante de Dieu, Verbe fait chair et nous sommes appelés à témoigner de la vie nouvelle reçue de lui. Dans le monde pluriel et déboussolé qui est le nôtre, saurons-nous transmettre à notre tour ce message de salut ? Saurons-nous par une parole juste et par des actions pertinentes toucher le cœur de nos contemporains ?  Ce qui est en jeu, ce n’est pas d’abord notre éloquence, ou l’adéquation des stratégies de communication comme je l’entends souvent : « le problème en Eglise, c’est que nous ne savons pas communiquer ! » Ce qui est en jeu, c’est la vérité d’une vie renouvelée dans le Christ ; c’est l’intimité qu’à notre tour nous vivons avec Dieu dans la prière, la méditation des Ecritures, la vie en Eglise de telle sorte que nos paroles et nos actes proclament la vérité d’une foi qui touche l’homme dans ce qu’il a de plus vital.

Notre foi est expérience de communion avec Dieu dans le Christ. Elle façonne notre façon de comprendre l’homme, les rapports sociaux, la vie économique ou politique. Elle colore notre conception du couple et de la famille, notre intelligence des questions éthiques. Elle nous entraîne dans une charité toujours plus grande qui conjugue esprit de service et attention aux plus pauvres. Elle se décline dans un art de vivre dans la joie et la simplicité. C’est ainsi qu’elle peut donner le goût de l’Evangile et manifester une véritable autorité à la suite de Jésus.

Ne considérons pas l’objectif impossible à atteindre. Il le sera de fait si nous essayons d’y parvenir par nous-mêmes. Au contraire, la puissance de l’Evangile se manifestera à travers nous, si nous acceptons de nous laisser travailler par l’Esprit de Dieu, si nous parvenons à refléter ce qui nous habite, si nous exprimons presque à notre insu ce qui nous fait vivre au plus intime de nous même. On ne peut évangéliser les autres si soi-même on ne s’est pas laissé évangéliser ! Et cela bouscule. Cela dérange parfois des démons bien installés avec lesquels nous avons signé depuis longtemps des pactes de cohabitation pacifique qui nous empêche de laisser libre cours à l’Esprit Saint.

« Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur » ! Amen

 

Bruno CAZIN, vicaire épiscopal, vice-recteur de l’Université Catholique de Lille

 


Tags: religion  
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