Accueil > Vivre et célébrer > Homélie de la fête de l’Epiphanie, St Pierre-St Paul le 8 janvier 2012

Vivre et célébrer

Homélie de la fête de l’Epiphanie, St Pierre-St Paul le 8 janvier 2012

Publié le 09/01/2012

 

Elle est belle notre fête de l’Epiphanie : Le Christ Jésus est manifesté à toutes les nations. L’humanité entière converge vers l’enfant-Dieu. Plus encore la longue quête des hommes aboutit à la crèche. A travers la belle histoire des mages venus d’Orient, Matthieu a l’art de signifier combien Jésus est né pour tous, Juifs et Païens, « associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus par l’annonce de l’Evangile » comme le dit l’épître aux Ephésiens. L’or pour le roi, l’encens pour Dieu, la myrrhe pour annoncer la future mort sur la Croix. Voilà les nations qui confessent le Christ, Fils de Dieu, Sauveur. Et, c’est avec une grande joie que nous nous associons à leur hommage !

Croyants, il nous est donné de contempler aujourd’hui la merveille de notre foi, l’admirable échange entre Dieu et les hommes. Avec les mages, réjouissons-nous du salut offert à tous les hommes. Les propos d’Isaïe contribuent à nous mettre le cœur en fête. « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton aurore. Ils se rassemblent, ils arrivent ; tes fils reviennent de loin et tes filles sont portées sur les bras. Alors, tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. » La prophétie d’Isaïe s’adresse à Jérusalem, la cité de Dieu parmi les hommes, la capitale du peuple de l’alliance à laquelle l’Eglise s’identifie volontiers, elle qui porte au milieu du monde témoignage à la lumière manifestée dans le Christ. Frères et sœurs, laissons-nous porter par la magie de cette fête, par la splendeur des habits de Gaspar, Melchior et Balthazar et les volutes d’encens… mais surtout accueillons le message de l’Epiphanie qui donne à la fête de Noël toute sa portée universelle, une fête qui me suggère deux réflexions :

En cette période de vœux, je ne cesse d’entendre parler de crise, d’inquiétude, de craintes sur le déclin de l’Europe, sur la difficulté de remonter la pente. L’étoile de l’Occident aurait pâli au profit de l’Asie, au point que certains se demandent ce que l’on peut souhaiter à l’heure où le chômage galope, où l’euro vacille et où le réchauffement climatique menace la planète ! Quelle morosité ? Comment annoncer une parole d’espérance sans paraître naïfs ? J’écoute à nouveau Isaïe : «  L’obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples, mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. » N’est-ce pas au beau milieu de la nuit noire de l’humanité que brille l’étoile du salut, la lumière du roi d’humilité qui nous ouvre la route vers le Père ?

A la morosité ambiante, les chrétiens ajoutent volontiers une inquiétude sur l’avenir de l’Eglise, le vieillissement des chrétiens, le faible renouvellement des prêtres, la perte de la culture religieuse… la liste est longue des indicateurs à la baisse. A cette vision pessimiste, nous pouvons opposer un parti-pris d’espérance, recueillir mille fioretti de vie évangélique au quotidien de nos paroisses et de nos familles, nous rassurer avec Taizé, les JMJ et les communautés nouvelles. Certes, c’est sûrement préférable à l’entretien de la déprime… mais à l’Epiphanie retentit l’appel du prophète: « Debout Jérusalem ! Regarde ! » Relève la nuque ! Elargis ton regard ! Christ est le Sauveur des nations. Toutes les recherches des hommes convergent vers lui ou comme le dit Saint Paul, il récapitule toute l’humanité. C’est vrai la foi chrétienne s’enracine dans un tout petit coin d’humanité, certes pas le dernier des chefs lieux de Judée, mais à l’heure de la mondialisation, elle révèle sans complexe son enracinement dans une tribu d’Israël tout en confessant la dimension universelle de l’Incarnation du Fils de Dieu.

Les mages d’aujourd’hui se questionnent : « Comment savoir si ma religion est meilleure que les autres ? Qui dit vrai dans la polyphonie des croyances et des rites ? Et si j’étais né musulman ? Et après tout pourquoi pas une spiritualité sans Dieu ? Une foi sans Eglise ? » Le marché des questions spirituelles et des chemins disponibles n’a rien à envier à celui de Wazemmes. Les couleurs et les saveurs y abondent… et les disciples du Christ aiment à s’y promener, à y rencontrer leurs frères avec respect et bienveillance. Comme récemment le Pape Benoît XVI à Assise, ils peuvent même les inviter à se rassembler pour s’engager davantage en faveur de la paix.

Frères et sœurs, notre époque est passionnante. Ne craignons pas de nous enraciner davantage dans la foi au Christ, sauveur des nations ! Reconnaissons en lui le Chemin, la Vérité, la Vie, celui qui nous guide vers le Père et nous donne de devenir fils de Dieu. Entrons en dialogue avec nos frères eux aussi destinataires de la promesse. Contemplons l’Esprit qui travaille l’humanité dans sa quête d’absolu ! Laissons Dieu notre Père rassembler tous ses enfants par les chemins qu’il connaît ! Vivons notre foi sereinement dans une grande confiance et une grande ouverture. Amen !

 

Bruno CAZIN, vicaire épiscopal, vice-recteur de l’Université Catholique de Lille


Tags: religion  
0 commentaires sur Homélie de la fête de l’Epiphanie, St Pierre-St Paul le 8 janvier 2012

Laisser un commentaire


Les commentaires sont désactivés pour cet article
Vidéo Cathocité