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Vivre et célébrer

Homélie de la messe de rentrée des étudiants, 21 Septembre 2011

Publié le 01/10/2011

Homélie de la messe de rentrée des étudiants, 21 Septembre 2011 - Université Catholique de Lille.

Saint Matthieu, Eph 4,1-7 ;11-13 ; Ps 18, Mt 9,9-13

Un regard, un appel : « Suis-moi » Et voilà que Matthieu, le collecteur d’impôts se lève et suit Jésus !Comme cela semble facile dans l’Evangile ! En un clin d’œil, voici la vie de Matthieu retournée de fond en comble. Une nouvelle naissance, une véritable résurrection pour celui qui se lève d’un bond et abandonne la table de ses comptes douteux et suspects de corruption. Le publicain, pécheur public en raison de son métier, est appelé à devenir disciple de Jésus. Il deviendra l’un des quatre Evangélistes, inscrivant dans les Ecritures l’Evangile du Salut ouvert à tous les hommes par la passion et la résurrection de Jésus. En bon juif, il décrira Jésus sous les traits du nouveau Moïse, du Messie espéré par Israël, Torah vivante de Dieu, Parole de Dieu offerte à tous, jusqu’aux extrémités de la terre.

Dès lors, il n’est pas étonnant que l’attitude de Jésus suscite la réprobation des pharisiens. Jésus intègre un homme impur, disqualifié pour fréquenter le temple et participer au culte de Dieu. Avec Matthieu ce sont beaucoup de publicains et de pécheurs qui prennent place à la table, à la maison, contaminant Jésus et les disciples par leur impureté. La polémique entre les pharisiens et les disciples nous vaut une belle profession de foi de Jésus « venu, non pas appeler les justes, mais les pécheurs. » Il reprend les propos du prophète Osée : « C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices ». Ces propos vont bien au-delà des circonstances présentes. Ils soulignent combien le salut est don de Dieu, puissance de grâce qui opère quels que soient les mérites des bénéficiaires. On ne se sauve pas soi-même, pas même à coup de sacrifices ou d’observance de la Loi. Jésus manifeste la miséricorde de Dieu ; il se fait proche de ceux qui sont loin. Il accueille ceux qui sont exclus, entraînant par là même l’ouverture de l’Eglise au-delà du monde juif.

Ainsi, vous l’avez compris, la vocation de Matthieu est en soi tout un programme. Comme Zachée, un autre collecteur d’impôt bouleversé par la rencontre de Jésus (Lc 19,1-10), nous pouvons entendre celui-ci dire : « Aujourd’hui, le salut est venu dans cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. »

Comprenez bien. L’Evangile de cette fête ne nous entretient pas de questions passées. Le message dépasse largement les différents entre juifs fidèles et disciples de Jésus. Il s’adresse à nous aujourd’hui. Il signifie la gratuité du salut. Il invite à l’humble accueil du don de Dieu. Il dit la primauté de l’amour et de la miséricorde de Dieu, d’un Dieu qui vient au devant de nous, d’un Dieu qui nous rejoint dans notre misère, d’un Dieu qui nous remet debout et nous appelle à une vie nouvelle. Telle est la merveilleuse expérience de ceux qui ont croisé le regard de Jésus et ont répondu à son appel.  C’est ce retournement qui les rends apte à devenir des apôtres, témoin de la résurrection du Crucifié, porteurs de l’Evangile des fils de Dieu. Tous n’ont pas répondus aussi promptement que Matthieu. Peu importe ! Ils ont fait, nous avons fait l’expérience de ce regard plein d’amour et de bienveillance. Nous avons fait l’expérience de l’amour qui guérit et relève. Nous savons qu’une vie nouvelle est possible dans le Christ. Voilà ce qui constitue l’Eglise, peuple de ceux qui ont été plongés dans la mort avec le Christ pour naître à la vie nouvelle des enfants de Dieu. Comme il est écrit dans l’épître aux Ephésiens : «  Chacun d’entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l’a partagée. Car il a fait des dons aux hommes : il leur a donné d’abord les apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l’Evangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent… »

En ce début d’année, rendons grâce pour le don de Dieu. Rendons grâce pour la rencontre personnelle de Jésus qui a bouleversé notre vie. Rendons grâce pour l’Eglise vivante dont nous avons fait l’expérience aux JMJ ou dans d’autres rassemblements. Et si tout n’est pas encore bien clair pour nous, laissons-nous porter par les frères et sœurs, inscrivons-nous dans la louange de l’Eglise. Prions Dieu de nous indiquer quelle sera notre place cette année dans la construction de son Corps vivant ici à l’Université Catholique de Lille, au milieu de nos amis étudiants, des enseignants-chercheurs et de tous ceux qui constituent notre communauté universitaire. Certains peuvent nous paraître indifférents à l’Evangile. Qui sera pour eux le regard ou la voix de Jésus qui leur permettra de se lever et de répondre à l’appel de Dieu ? Même si les quelques centaines que nous sommes ce soir sont bien peu au regard des 23 000 étudiants de notre Université, nous ne pouvons nous résoudre au repli. Avec Jésus, avec toute l’Eglise, nous croyons que l’Evangile est destiné à tous, que l’amour de Dieu ne connaît pas de frontière. Nous croyons aussi qu’il ne s’agit pas d’abord de respect de règles ou de pratiques religieuses, mais bien d’une existence transformée par l’accueil de la grâce de Dieu. C’est de cela dont nous voulons être témoins, avec humilité, douceur, patience comme le demandait l’apôtre aux chrétiens d’Ephèse : C’est la raison même de l’existence d’Universités Catholiques : rejoindre tout l’homme et tous les hommes dans ce qu’ils ont de plus vital dans leur existence, fonder et enraciner nos vies, nos choix, nos engagements professionnels ou associatifs dans l’immense amour de Dieu. Cela suppose vous l’avez compris de conjuguer prière et vie en Eglise, recherche intellectuelle et intelligence de la foi ainsi qu’une inlassable passion pour l’homme dans la diversité des cultures, des questionnements et des traditions spirituelles.

Frères et sœurs, la foi est un chemin, un chemin vers Dieu. Sur ce chemin, nous ne sommes pas seuls. Le Christ est avec nous. Il est lui-même le chemin vers Dieu et le terme du chemin dans la communion avec le Père. Il nous a donné son Esprit en abondance pour que nous vivions de sa vie. Plus encore, nous sommes une partie de son Corps, de l’Eglise. Il y a encore beaucoup à accueillir et beaucoup à construire. Mais, nous en avons l’assurance : « Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’homme parfait, à la pleine stature du Christ. » Bonne année, bonne route.

Père Bruno Cazin, vicaire épiscopal, vice-recteur de l’Université Catholique de Lille


Tags: aumônerie  
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