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Homélie du mercredi 28 Septembre- aumônerie des étudiants !

Publié le 13/10/2011

Homélie du mercredi 28 Septembre- aumônerie des étudiants !

Trois exemples, trois situations pour illustrer une attitude, pour inviter à ne pas regarder en arrière pour pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Le message est clair ! Radical ! Cette radicalité peut séduire. Elle peut aussi effrayer. En suis-je capable ? Qu’est-ce que cela signifie ? Comment faire des choix ? Comment savoir ce qu’il nous faut laisser de côté pour suivre Jésus ? Pas simple, ce d’autant que la majorité d’entre nous sommes justement appelés à suivre Jésus dans l’ordinaire des jours ! Le Royaume de Dieu n’est-il pas présent au milieu de nous, caché à la manière d’un ferment, le bon grain mêlé à l’ivraie jusqu’à la fin des temps au point qu’il est illusoire de vouloir séparer l’un de l’autre. N’est-il pas vain de courir ici ou là pour l’atteindre ! Qu’en est-il au juste !

L’appel de Jésus engage toute notre personne, donne une nouvelle orientation à la vie. On l’a vu la semaine dernière lors de la fête de saint Matthieu : «  Suis-moi ! » et l’homme se leva et suivit. C’est presque trop beau pour être vrai… et pourtant on retrouve souvent ce type de réponse à l’appel de Dieu, pour les prophètes de la première alliance comme pour les apôtres de Jésus. C’est aussi l’expérience de bien des croyants à travers les siècles. C’est modestement la mienne. L’appel de Jésus requiert l’engagement de tout l’être. Il bouleverse les perspectives. Comme l’écrit l’apôtre Paul dans la lettre aux Philippiens : « Mon seul souci, oubliant le chemin parcouru, et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse par Jésus Christ. » Ainsi la question est posée à chacun d’entre nous, la rencontre du Christ, la réponse à l’appel de Dieu orientent-ils toute ma vie ? Ou suis-je encore à ce point attaché au passé, à mes acquis que cela traduise un manque de confiance et d’adhésion à celui que je confesse comme la vie de ma vie.Car c’est bien là l’enjeu ! Il n’y a rien de mal à vouloir se reposer, rien de mal à avoir des sécurités, à enterrer son père ou à faire ses adieux aux gens de sa maison. L’excès des propos de Jésus n’a d’autre but qu’une visée pédagogique. Il nous interroge sur ce qui est important pour nous. Le propos de Jésus a une autre portée. Le Fils de l’Homme lui-même n’a pas d’endroit où reposer la tête, pas de lieu où il est en sécurité. L’Evangéliste Luc vient de l’indiquer dans le passage qui précède immédiatement l’Evangile de ce soir : Jésus a pris résolument la route de Jérusalem. Il a consenti à tout perdre pour se livrer à la Croix. Le Règne de Dieu qu’il annonce par toute sa vie est avant tout une remise confiante entre les mains du Père, le choix de l’amour désarmé qui va jusqu’au don de lui-même.

Suivre le Christ, ce n’est pas mener une vie de héros, détaché de toute contingence matérielle et libre comme l’air. Suivre Jésus c’est s’engager dans cette confiance filiale qui déjà nous transfigure. C’est faire avec Jésus l’apprentissage de l’obéissance, de l’écoute confiante du Père. C’est renoncer à ses sécurités personnelles pour accueillir le salut qui vient de Dieu. Les propos excessifs de Jésus n’ont d’égale que l’immensité de l’amour de Dieu qui nous est offert. Ils manifestent combien notre avenir n’est pas dans la préservation de nos intérêts ou la sauvegarde de nos avantages acquis mais bien dans la pauvreté consentie qui nous dispose à accueillir le don de Dieu. Autrement dit, notre avenir n’est pas dans le développement de nos capacités personnelles, mais bien dans la croissance de notre foi, de notre identité de fils de Dieu, plongés dans la mort avec le Christ, pour ressusciter avec lui et vivre éternellement de la vie nouvelle, une vie nouvelle qui déjà prend corps en nous quand nous prenons des risques pour aimer comme Jésus, lorsque nous sommes heureux de servir comme lui, lorsque nous nous livrons comme lui au combat de la justice et de la vérité.

 

Père Bruno Cazin, vice-recteur de l’Université catholique de Lille


Tags: aumônerie  
1 commentaires sur Homélie du mercredi 28 Septembre- aumônerie des étudiants !
damebochie dit :

En fait c'est la trés grande question qu'on se pose "quoi mettre de cote pour le suivre." J'ai beaucoup apprécé ton article.

Publié le 31/05/2012 16:09:00

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